Un site Made for Amazon en 2019 : une bonne idée ?

Voilà une vraie question pour moi – une question dont je n’ai pas encore la réponse. Faut-il encore faire des sites d’affiliation en 2019 ?

Les MFA, anciennement Made for Adsense devenus Made for Amazon, ont-ils toujours du sens ? Enfin, du sens…

Qu’on se le dise : lancer des micro-sites n’a jamais eu un grand sens à mes yeux. Cela revient à rassembler des infos, à les mettre en forme, à en faire un objet lisible qu’on peaufinera techniquement, sémantiquement, backlinkement (!)… pour récupérer quelques miettes Amazonesques.

La seule réelle vertu des MFA est claire : ils produisent de l’argent passivement. 

Quand ça marche. Parce que ça ne marche pas tout le temps. Enfin, selon mon expérience.

Alors, en 2019, est-ce que ça vaut encore le coup de lancer un MFA ? Nous reviendrons plus tard sur le terme “passivement” et plus globalement sur la mythologie autour des revenus passifs – passifs, passifs, pas si… passifs que ça – mais n’anticipons pas.

La vraie et seule question pour le moment est : est-ce que les sites Made For Amazon rapporte encore de l’argent ? Quel temps passé, pour quelle rentabilité ?

Pour répondre à cette question, une seule solution : il faut lancer un nouveau MFA, et regarder ce qu’il se passe.

Nous sommes en 2019 après Jésus-Christ. Tout Google est occupé. Tout ?

Non !

De petits sites résistent encore aux envahisseurs – les camps retranchés d’Amazonum, CDiscountum et LeroyMerlum, polluent allègrement les premières pages. Alors des irréductibles SEO, des acharnés du bocal, fans de comparatifs ou amoureux d’aspirateur-robot, continuent de se battre avec ferveur contre l’oppresseur.

“Les gros polluent les premières page ! Y prennent toute la place ! On veut polluer nous aussi, que diantre !”

Retour au réel.

Lancer un nouveau MFA, disais-je.

Un nouveau, oui, parce que j’en ai déjà lancé une paire. Avec des succès divers.

Ce qui a changé, c’est que les gros sites e-commerces trustent de plus en plus les meilleures places sur les mots-clefs produits. Auparavant, on rankait quand même plus facilement sur des niches produits. La donne change peu à peu, et pas mal de SEO sentent le vent tourner, retranchés face aux camps romains tels Astérix & Obélix.

Mon premier site “for Amazon”, en 2015 ou 2016 je crois, s’est pris une belle claque par Google en avril 2019. Il venait tout juste de dépasser les 30000 visites mensuelles et s’avérait plus que rentable. Du jour au lendemain PAF, déclassé sur tous ces keywords principaux. Aïe.

J’ai d’autres MFA toujours en vie et qui continuent d’être rentables. D’autres nécessitent encore quelques travaux pour ranker. Du netlinking, surtout. Quelle angoisse, le netlinking… C’est d’un chiant. Mais ne nous égarons pas.

Il me semble en tout cas qu’aujourd’hui, il est plus difficile de ranker avec un site d’affiliation Amazon. Je veux donc tenter de voir ce qu’il en est, comment réagit Google, et si le jeu en vaut (encore) la chandelle en 2019 et en 2020.

MFAmazon Style : très petit, très niché, très rapide

Lancer un nouveau MFA, pour moi, signifier avant tout lancer un micro-site : entre 4 et 10 pages, pas plus.

Tous mes MFA sont créés sur ce mode. C’est un choix et une opinion : pour moi, les micro-MFA sont infiniment plus rentables que les gros MFA. L’investissement temporel comme pécunier y est moindre, et la rentabilité peut tout de même atteindre des sommets.

La création on-site d’un site d’affiliation Amazon doit me prendre tout au plus quelques jours de travail. 

C’est donc tout naturellement vers un site de ce type que je suis parti. WordPress style bro’, un thème gratuit, des plugins classiques et un peu d’huile de coude. Mais ne brûlons pas les étapes.

Après tout, nous ne sommes qu’à l’épisode 1.

Episode 1 : le choix de la niche

Le moment qui fait que la suite va être un succès ou un échec. Si l’on trouve un produit rentable, dans une niche relativement peu concurrentielle, c’est gagné. Cela peut payer vos bières au bar, devenir sympatochement rentable, ou s’avérer être un véritable jackpot – et une nouvelle fois, difficile d’en être certain avant de s’être lancé.

Nous sommes donc en septembre 2019 et je me balade sur Amazon à la recherche de la pépite.

Ma méthodologie est ultra-simpliste : Amazon dans un onglet, Ahrefs dans un autre, et un troisième onglet pour vérifier l’état des SERP. Lorsque les voyants sont au vert, j’ajoute le mot-clef dans ma short list. Attention les puristes, je ne révolutionne pas la roue : bon-sens first.

Les voyants qui doivent être au vert :

Côté Amazon : 

  • Un produit qui se trouve dans une catégorie suffisamment rémunératrice (à partir de 5% – en-dessous, c’est du foutage de gueule)
  • Un produit qui se vend, qui a des commentaires, des notations et qui est représenté par plusieurs modèles/marques (plus facile pour créer un comparatif)
  • Un produit qui a un certain prix, disons au moins 100€ à l’unité, et un produit qui peut intéresser le plus grand nombre
  • Et surtout un produit qui nécessite une explication, un produit sur lequel je vais être en capacité de fournir des informations intéressantes – essaie d’écrire 1000 mots intéressants sur les boules de bowling, hein, vas-y, je te regarde. 

Côté Ahrefs (ou SEMRush/Yooda Insight/UberSuggest etc) :

  • Je ne suis pas friand des gros keywords produits. J’apprécie les petits, entre 500 et 2K. Si mon keyword principal, qui correspondra vraisemblablement à mon produit, n’est qu’à 1000 ou 2000 recherches par mois, pas de problème. S’il est à 20 000, c’est un premier warning : ça sent la forte concurrence. Je ne vais pas cracher dessus, mais il risque d’y avoir du level dans la SERP.
  • Je vérifie surtout s’il existe des mots-clefs de longue traîne et des produits qui répondent à ces keywords. Au pire, si je peine à ranker sur le main keyword, je pourrais toujours rentabiliser le site avec les mots-clefs secondaires ! Ici aussi, pas besoin de deux tonnes de keywords ni d’un volume de recherche énorme.

Côté SERP : 

  • C’est surtout pour vérifier “à l’œil nu” le degré de concurrence. Si je croise surtout des gros e-commerces, j’ai tendance à me dire “pas de problème”. C’est moins vrai depuis quelques mois, car il est plus difficile, à mes yeux, de déloger les Amazon & co. Mais cela reste jouable.
  • Si je vois 6 sites de niche dans le top 10, c’est déjà pas la même limonade. Si en plus tu vois des pictos dans les titles, des émojis dans les metadesc et que la SERP ressemble globalement à un arbre de Noël, ça s’annonce merdique.
  • Lorsque j’ai un doute (présence de quelques sites MFA dans le top 10 par exemple), je couple avec l’analyse de ces sites sur Ahrefs, où je vérifie leur profil de liens. Si c’est pas trop costaud, je peux me lancer.

Mine de rien, ces filtres éliminent nombre de produits et de possibilités.

En une heure, je peux aisément “tester” la viabilité d’une trentaine de produits. Sur ma short-liste, il n’en reste plus que quatre.

Et maintenant, quel produit choisir ? Mon raisonnement est encore une fois simple :

=> Quel sujet risque de m’ennuyer le plus ? // Quel produit me semble le moins inintéressant ?

=> Quel est le potentiel de tel produit par rapport à tel produit ?

=> Sur quel produit vais-je être en capacité d’écrire du texte de qualité ?

La partie croustillante du truc, c’est la lecture des commentaires sur les fiches produits Amazon.

Là tu vois déjà quelle daube tu risques de mettre en avant. Certains s’en foutent complètement, mais j’ai du mal à promouvoir un ou plusieurs produit(s) qui sont visiblement merdiques. En plus, ça risque d’augmenter les retours et/ou de péter mon taux de conversion…

On a pas forcément tout compris, cher MAISON C., mais voilà un avis de derrière les fagots.

Une fois que j’ai la réponse aux questions ci-dessus, et après un mélodrame intense, j’opte pour une possibilité. Je choisis mon produit !

Ça y est, j’ai mon produit. Ça m’a pris 1h30.

Et c’eeeeeeeest quoi le prooooooduit ?

Vous pensez bien que je vais garder ça pour moi 😀

Pourquoi garde-t-on ça pour soi, au fait ?

Déjà parce que j’ai bossé 1h30 dessus et que bon, hein, vous êtes gentils mais y a des limites.

Ensuite parce que le monde du SEO, comme tous les business je crois, est peuplé de vautours qui aiment bien en foutre un minimum pour en ramasser un max. Notez que je fais partie de la caste des fainéants qui veulent gagner de l’argent depuis leur chaise, mais j’évite de me jeter sur la moindre carcasse pour piquer la pitance du voisin.

Aussi, si j’étais vous, si j’étais moi, et ça tombe bien parce que je suis moi, j’éviterai et j’évite de balancer de la viande à proximité des vautours et des hyènes. Question de principe.

“Toujours prêt pour vous surprendre”

Je suis parti sur un produit qui a un volume moyen de 10K/mois sur Google.fr selon Ahrefs

Cela me semble un peu surévalué, aussi je pondérerai dans mes calculs en disant qu’on doit être aux alentours des 7K/mois.

Certains de mes MFA actuels sont basés sur des produits beaucoup moins “volumineux”, mais les sites restent tout à fait rentables.

  • Keyword principal = 7000 recherches / mois environ sur Google.fr
  • Quelques keywords secondaires : entre 200 et 900 recherches mensuelles

Soit, en tout, environ 10K/mois de volume total de recherches.

Tu ne calcules pas la rentabilité possible de la niche ?

J’ai vu effectivement des tableaux passer sur Twitter avec de savants calculs pour connaître le revenu maximal possible avec un MFAmazon.

Mouais. D’un site à l’autre, d’une niche à l’autre, le taux de conversion peut varier de 1% à 8/9%. La marge d’erreur de ce genre de calcul est énorme. Surtout que les produits et leurs prix sont variables sur Amazon… Mais puisque vous me le demandez gentiment, et puisqu’après tout on va essayer de faire les choses bien, voici le schmilblick :

Nombre de recherches totales (tous keywords confondus) : 10 000/mois 

Panier moyen : 400€ (si, si) 

Taux de clics dans Google : 10% 

Taux de conversion espéré : 2% (restons cools, le produit est pas donné) 

Commission Amazon : 5% 

=> 10000*0,10*0,02 = 20 ventes mensuelles espérées 

=>  (20 * 400€) / 5% = 400€ 

Soit un potentiel de 400€ par mois si je pète toute la SERP et que les dieux de la vente sont avec moi.

Ça me fait une belle jambe, mais je m’en souviendrai lorsque l’ennui commencera à poindre…

Un coup d’œil sur la concurrence

Pour moi, il est extrêmement important qu’il EXISTE déjà des sites made for Amazon sur le produit choisi dans les SERP.

Ça vous est déjà arrivé d’avoir une idée en vous disant : mais pourquoi personne n’a jamais fabriqué ce produit ? Créé cette plateforme ? Pourquoi la pince à linge électronique fluo à double rotation évolutive n’existe-t-elle pas encore ? © idée de guedin by me 

Vous êtes-vous déjà réveillé en vous disant que la nuit vous avait apporté une idée de génie et, après un bon café noir, vous êtes-vous rendu compte que votre idée était (rayez la mention inutile) : pas du tout originale, vachement tordue, complètement invendable ?

Suivant ce raisonnement, j’ai tendance à me dire que si tel ou tel site n’existe pas encore, c’est peut-être parce que :

  • Ça n’en vaut pas la peine : pas assez de business, ou business pas en ligne
  • La concurrence est vraiment trop élevée avec des marques ultra-présentes qui trustent tout, un exemple : les smartphones
  • Le trafic vient chercher une info très brève pour acheter en direct (offline), ça arrive pour des sites informationnels très précis
  • C’est une idée de merde, ce n’est pas la dernière que j’aurais dans ma vie… alors autant passer à autre chose

Le fait qu’il existe déjà des sites MFA sur la SERP ne me fait pas forcément peur : cela me prouve au contraire qu’il y a du business à faire. 

Bien sûr, il faut mesurer cette concurrence en checkant les sites concurrents et en évitant les keywords/produits ultra-concurrentiels.

Dans mon cas, il y a plusieurs MFA avec des profils de liens moyens à pas mal. Les sites en eux-mêmes sont plutôt bien faits, une dizaine de pages à chaque fois, pas mal de contenus qualitatifs et des liens souvent venus de PBN. Du classique, quoi.

Il y a donc un peu de concurrence sur ma niche, mais c’est plutôt encourageant.

Préparer grossièrement la structure du site avant la rédaction

Comme je l’expliquais plus haut, la structure du site sera simplissime et se calquera sur les keywords recueillis :

  • La home page du site sera dédiée au keyword principal, le plus juteux mais aussi le plus concurrentiel
  • Les pages secondaires seront dédiées aux autres keywords à raison d’une page par keyword
  • En tout, 5 ou 6 pages de contenu au maximum.

Je note tout ça dans un fichier word et je commence à lister les produits qui pourront être mis en avant sur le site. Je note aussi les URLs des concurrents et quelques idées, ça ne fait pas de mal.

Ceci fait, je vais réserver mon nom de domaine, EMD’style, et je raccorde le tout à une offre d’hébergement World de PlanetHoster. Me tapez pas, o2switch c’est bien aussi, oui.

Cette première étape, ce premier épisode, me prend donc en tout et pour tout environ 2h.

Vous vous doutez que si je calcule les heures et les frais, c’est pour avoir un aperçu global de la rentabilité du projet.

Avant l’épisode 2, voici le bilan :

Temps passé 2h
€ investis (TTC) 11,54€

Prochain épisode : création on-site et rédaction ! Si vous avez bien suivi, vous savez que tout cela doit être en place dans plus ou moins une semaine, selon ma motivation.


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One thought on “Un site Made for Amazon en 2019 : une bonne idée ?

  1. Super article 🙂
    Bien écrit et avec un brin d’humour qui fait toujours plaisir quand on s’accroche pour suivre avec tous ces termes techniques.
    J’attends la suite !

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