MFA : quel design, quels plugins et pour quoi faire ?

Voici déjà le troisième épisode de cette “saga MFA”. Pour rappel, les deux épisodes précédents étaient :

Nous avons donc en notre possession un NDD, une idée précise de la niche à attaquer, et des textes peu nombreux mais très qualitatifs sur le produit en question.

On s’attaque maintenant à la création du site proprement dit, et on va tout simplement suivre comment je procède.

Objectif : à la fin de cet article, le site est en ligne, il est pas trop moche (voire plutôt joli), les textes sont mis en page et le “piège” est en place.

MFA, hashtag “joli piège à internautes”

C’est la définition même du MFA, citée dans Le Petit SEO Illustré (édition collector 2017) :

MFA, n.m : acronyme pour Made For Amazon. Site internet affilié qui a pour seule vocation de capter du trafic qualifié et de transformer ledit trafic en monnaie sonnante et trébuchante.

Autrement dit : entre chez moi, viiiiiiens, n’aies pas peur. Et clique ici, que je gagne un peu de thunes.

Il faut donc que le site en question soit :

  • Pas trop moche
  • Suffisamment crédible
  • Suffisamment rapide

Tout cela pour éviter de “perdre” l’internaute, dans tous les sens du terme.

Rappelons que l’internaute est, par nature, un individu impatient (si ça charge pas en 3 secondes, il ira voir ailleurs) & limité (“mais il est où le bouton pour acheter ça, hein ?”).

Un thème classique mais rapide

La première vertu du design d’un MFA ne doit donc pas être la beauté, mais la lisibilité.

Il faut que cela soit clair, simple, en un mot : épuré. Ce qui n’est pas toujours évident vu la pléiade de fonctionnalités inutiles embarquées sur bien des thèmes WP.

Certains vous vanteront les qualités des thèmes payants (Divi, Enfold, X, Astra) ou les potentialités d’outils semi-payants style OceanWP/Elementor. Why not ? Mais en général, ce genre d’usines à gaz fait perdre un temps fou et risque d’impacter le temps de chargement du site web.

Or, en ce qui concerne les MFA et même concernant tous les sites web :

Design < Vitesse

Le temps de chargement est infiniment plus important que la beauté.

Alors on va faire léger, on va éviter les plugins inutiles, et on va prendre un thème WP ultra-basique et ultra-simple à configurer – et ultra-gratuit, parce que ça me fait plaisir, hé, y’a pas de petites économies.

Dites bonjour aux thèmes les plus basiques de la terre, directement présents dans la bibliothèque officielle de WP : thèmes “Twenty …”, Nisarg, HeadBlog, Accelerate, Lovecraft… Ces thèmes sont légions, il n’y a qu’à les essayer pour adopter celui qui vous conviendra le mieux.

Faites votre choix, j’ai fait le mien : pour le coup, je pars sur le thème Amadeus. Notez au passage que je change de thème WP pour chaque MFA ou presque, footprint quand tu nous tiens…

Des plugins de qualité, et en quantité suffisante

Une fois que le thème est installé et qu’on s’amuse à le configurer à sa sauce, on peut passer aux plugins.

Etape “Pimp my WP” par excellence, c’est souvent le moment où l’on a envie de tester des trucs et de multiplier les fonctionnalités.

Pour ma part, je distingue deux types de plugins : ceux qui sont indispensables, et ceux qui ne le sont pas. Et je pioche dans ma liste, quasi immuable au fil des MFA :

Indispensables :

  • Classic Editor (merci Gutenberg)
  • TinyMCE Advanced : pour avoir des fonctionnalités d’édition avancées dans l’éditeur
  • CookieNotice : comme son nom l’indique, pour afficher rapidos un message sur les cookies.
  • Un plugin de cache, ici le choix est large. WP Fastest Cache fait le job, tout comme WP Total Cache / Super Cache.
  • Un plugin SEO (Yoast, Rank Math, All in One…)
  • TablePress + Make Tables Responsive : pour des tableaux comparatifs responsives

Optionnels :

  • LuckyWp Table of Contents : pour un sommaire en début d’article (ajoutable à la mano, ou auto). Pas toujours utile, donc optionnel.
  • Smush IT ou tout autre plugin d’opti image : perso je préfère maintenant optimiser mes images à la main et/ou avec tinyjpg.com
  • Un plugin de boutons comme MaxButtons : ça n’a l’air de rien, mais ça peut avoir un impact intéressant sur le taux de clics de vos call to action (CTA) et donc sur votre chiffre d’affaires généré
  • CustomSidebars ou WidgetOptions : certains thèmes ne permettent pas de changer la sidebar en fonction de la page ou du post, voilà des plugins qui permettent de résoudre ce problème.
  • Wordfence ou un autre plugin de sécurité : je mets parfois Login LockDown qui suffit à éviter les attaques de force brute sur ma page de login. Généralement, je n’active ces plugins que sur mes MFA qui captent pas mal de trafic.

Chacun de mes MFA comporte généralement entre 8 et 12 plugins installés et actifs. Cela suffit largement à produire un site de qualité, pas trop laid et pas trop lourd.

Entre la mise en place du thème, la création des différentes pages et la configuration des plugins, je compte environ 3h30 pour que tout soit opérationnel. Bien sûr, cela peut aller plus vite lorsque l’on a certains automatismes, ou être un peu plus long lorsque l’on s’aventure pour la première fois dans le monde merveilleux de WordPress.

Le temps de l’optimisation : supprimer les points de friction

Mon job on-site ne s’arrête pas là. Si vous avez lu les articles précédents, vous savez que je suis maniaco-maniaque et que je ne laisse pas de place au hasard… et encore moins en ce qui concerne la “gueule” de mon site.

L’optimisation du site, c’est donc l’occasion d’aller plus loin et de gommer les points de friction.

Si vous n’êtes pas familier avec les “points de friction”, voici une courte définition : ce sont les éléments ou les situations qui dégradent l’expérience utilisateur, et qui ont donc un impact négatif sur l’action de conversion attendue.

Voici mon top 3 des points de friction les plus courants et les plus impactants.

Point de friction n°1 : le temps, toujours le temps

J’ai déjà parlé du point de friction n°1 : il s’agit du temps de chargement.

Là, pas d’économies de temps ni de moyen, il faut absolument le réduire au maximum. Votre MFA est fait de textes, de tableaux et de quelques images : le temps de chargement des pages doit être excellentissime. S’il ne l’est pas, il n’est pas bon. Tout simplement.

On évitera donc les grosses images pas optimisées/pas redimensionnées, les sliders (quelqu’un trouve ça vraiment utile, un slider ?) et les vidéos.

Alors oui, j’entends bien que la vidéo de démo du produit peut avoir du sens sur votre MFA. Mais le temps de chargement d’une vidéo YouTube sur un site, c’est la cata. Faites des tests sur Google Page Speed, GTMetrix, Pingdom et autres : franchement, on a vu mieux.

Voici un exemple avec le MFA Brouette.info – ce n’est pas un site à moi. Joli MFA, à dire vrai. Propre, lisible, clair… Et sur la page “Brouette électrique“, il y a une vidéo. Regardons l’impact de cette vidéo sur le temps de chargement de la page en utilisant GTMetrix :

Regardons surtout la partie surlignée en orange.

La première ligne fortement négative concerne le JavaScript : GTMetrix conseille de différer le chargement du JS, qui prend beaucoup de ressources. La preuve : la vidéo YouTube et le player YT correspondent à plus d’1 mo ! Sur une page qui, selon GTMetrix, pèse 1,76 mo…

On voit pourtant que le webmaster de Brouette.info a suivi des optimisations classiques (minify CSS, HTML, images opti, etc) et que le temps de chargement de ces pages a donc de l’importance pour lui. Mais la présence de cette vidéo a un impact très négatif sur le temps de chargement et représente plus de 60% du poids total de la page chargée. Je ne dis pas que c’est une catastrophe, mais il serait très facile d’améliorer le temps de chargement de cette page.

Outre ôter la vidéo, on peut remplacer la vidéo par une image (ex : le thumbnail de la vidéo YT) et lancer le chargement de la vidéo seulement si l’utilisateur clique sur cette image. Du lazy loading vidéo aussi efficace que facile à mettre en place, des plugins existent et sont parfaitement fonctionnels.

Cet exemple montre bien qu’on peut assez aisément avoir des pages rapides avec un peu de configuration et d’huile de coude. Le gommage de ce point de friction principal aura un impact certain sur l’expérience utilisateur, sur le temps passé sur votre site, et sur le taux de conversion global du MFA.

Point de friction n°2 : design, efficacité et test du feu

L’autre erreur très répandue, c’est la faute de style (pour ne pas dire la faute de goût).

Que vous aimiez les images en background et la typo Comic Sans MS, après tout, pourquoi pas (quoique)… Mais les fonds noirs et typo en blanc, les logos tout pourrav péchos sur le web, les boutons dégueu… tout cela peut devenir un point de friction important.

Attention, en tant que SEO, je sais qu’un site moche qui convertit… doit rester moche. Pas la peine de le pimper pour convertir plus : ça ne marchera pas. Le taux de conversion va chuter. C’est une règle bizarre, mais immuable.

Un site moche qui convertit ? N’y touchez pas !
Le crapaud web transformé en prince… aura souvent des résultats décevants. 

Cependant, dans le cadre de votre MFA, vous êtes à la phase de création et vous pouvez assez facilement éviter le mauvais goût et les fautes de style. Songez que ce n’est pas à titre artistique, mais bien dans un objectif de vente ! Vous avez le droit d’avoir des goûts affirmés, mais un MFA n’est pas indiqué pour faire ressortir votre Van Gogh style.

Mon conseil : évitez l’originalité. Restons classique. Menu classique, typo classique, on augmente la taille de la police pour que ça soit lisible par tout le monde, on ajoute un sommaire ou un tableau uniquement quand c’est utile… Et on soigne ses images. On évite aussi les fonctionnalités inutiles, qui surchargent inutilement : pas besoin d’ajouter des partages sociaux, personne n’ira retweeter votre test de la tondeuse à gazon Rowenta, et personne ne viendra pinner cette image de sèche-cheveux…

Pensons aussi aux détails, qui bien souvent n’en sont pas : un effet hover simple (effet au survol d’un élément, très utilisé sur les CTA) sur un bouton peut décupler son intérêt et aider l’utilisateur à comprendre où cliquer. Et, de votre côté, cela peut augmenter le volume de vos ventes affiliées.

Enfin, au-delà du style ou du goût, il s’agit d’améliorer l’efficacité globale du site. Faites simple, évitez les sites “Sapin de Noël” où l’utilisateur sera sur-sollicité et ne saura pas où cliquer. Regardez l’exemple ci-dessous, tiré du site http://www.quelle-trottinette-electrique.fr/ :

Ce n’est pas laid à proprement parler, mais ce n’est pas lisible. Trop d’appels à l’action, de boutons, de menus, une colonne principale  trop étroite (pourquoi ne pas augmenter la largeur maximale des éléments de contenu ?) et finalement un manque de clarté globale alors qu’on est sur un design classique et épuré. Le contenu le plus important (le tableau comparatif) est situé sous la ligne de flottaison alors que la hauteur du menu principal pourrait être réduite en faveur du contenu…

Je sais que beaucoup sont adeptes du sapin de Noël, moi pas. Je veux que mes CTA (mes boutons avec liens affiliés Amazon) ressortent parfaitement du contenu et soient visibles au premier coup d’oeil. Un peu comme un bouton de mise au panier sur un site e-commerce !

Le test du feu : montrez votre MFA à une personne âgée de 60 ans ou plus, qui possède un niveau standard en “zordinateurs“. Si elle ne comprend pas où elle arrive, si elle a des difficultés à lire, si elle ne comprend pas comment changer de page, si elle peine à trouver le CTA pour acheter le produit en question… Alors vous aurez autant de pistes d’amélioration.

Ce n’est pas un test à prendre à la légère : il va vraiment décupler la performance de votre MFA. Alors si vous avez l’occasion de le faire, n’hésitez pas un instant.

Point de friction n°3 : trop de choix tue l’achat

Voici un dernier point de friction très courant : la volonté de “donner le choix” à l’internaute.

Dans le cadre d’un MFA, l’objectif est d’aider l’internaute à acheter – voir l’épisode précédent. Si vous lui proposez de comparer 9 produits, êtes-vous vraiment en train d’aider l’internaute à choisir ?

La réponse est claire : non ! “Trop de choix” est assurément un point de friction majeur lorsqu’il s’agit d’un MFA. Si les sites e-commerce connaissent aussi ce mal, ils peuvent s’en sortir à l’aide de navigation à facettes ou de filtres efficaces. C’est beaucoup moins facile à mettre en place sur un MFA : pire, ce n’est pas le but d’un MFA.

Exemple d’un MFA “robot tondeuse” : 9 produits présentés. Et pourquoi pas 15, aussi ? 

Une nouvelle fois, le maître-mot est simplicité.

Proposez peu de produits, mais des produits qui sont vraiment différents.

Expliquez pourquoi vous avez choisi de mettre en lumière ces 3 produits. Chacun de ses 3 produits doit avoir une bonne raison d’être là. S’il s’agit simplement d’augmenter vos ventes, vous vous mettez le doigt dans l’œil !

En donnant trop de choix à l’internaute, vous allez différer son achat ou pire : vous allez le rater. Le piège, alors trop sophistiqué, fait fuir votre gibier.

Le maître-mot des MFA : simplicité, et ce jusque dans les produits choisis.
Choisissez peu de produits, mais choisissez les bons, et pour les bonnes raisons.
Votre MFA gagnera en simplicité, et votre taux de conversion augmentera. 

Offrir trop de choix à quelqu’un qui cherchait à être rassuré, à arrêter son choix, c’est tout simplement le faire reculer dans son processus d’achat.

Il avait la carte bleue dans les mains, et voilà qu’on lui propose 9 produits, dont 5 produits qu’il ne connaissait pas. “Ah ! J’avais raté ça…”

De ce point de vue, les tableaux comparatifs, alors qu’ils peuvent être un accélérateur de décisions, peuvent devenir un point de friction s’ils sont à rallonge. En plus, un tableau comparatif avec 12 produits, c’est moche. C’est pas lisible. Pas clair. Donc pas vendeur.

En conclusion : less is more, mais…

Oui, less is more, à tous les points de vue.

Clarté, lisibilité, simplicité, efficacité sont les objectifs de cette étape.

Mais ce “less is more” cache aussi que c’est du boulot.

Less is more, but less is work. 

Il faut savoir quels sont les erreurs principales à éviter, et il faut connaître les thèmes/plugins qui sauront répondre à ces impératifs, il faut mettre en application quelques règles simples.

Simple ne veut pas dire facile, simple ne veut pas dire rapide. Pour ma part, cela correspond à 3h30 de création/configuration du site et mise en place des textes, et à 3h supplémentaires consacrés à diverses optimisations.

Remontez-vous les manches : il est temps de faire de votre MFA un objet aérodynamique, qui va pénétrer la SERP et le cœur des clients avec une facilité déconcertante.

C’est beau, hein ?

On y croirait presque.


En terme de dépenses et de temps :

Episode 1 : recherche et ndd 

Temps passé 2h
€ investis (TTC) 11,54€

Episode 2 : rédaction 

Temps passé 10h
€ investis (TTC) 30€

Episode 3 : configuration et optimisation on-site 

Temps passé 7h
€ investis (TTC) 0€

Le prochain épisode sera consacré au netlinking.

Stay tuned ! 


Cet article vous a plu ?

Laissez un petit commentaire (“Ce site utilise KeywordLuv” ? Ah non, rien à voir)…

… ou partagez-le, ça ne coûte rien et c’est bon pour le Karma !

5 thoughts on “MFA : quel design, quels plugins et pour quoi faire ?

  1. Au top merci !
    J’aimerai un petit conseil d’expert : tu me conseilles de me lancer dans quelle thématique pour mon premier mfa en 2020 ?

    1. Salut Julia, merci pour ton commentaire.

      Mon premier article consacré aux MFA t’aidera à faire le bon choix pour ton premier MFA !

      Si je devais faire une liste des thématiques qui me plaisent, ça serait : sport / jardin / maison. Les % de commission Amazon y sont intéressants, du moins actuellement.

      Bien sûr, il va falloir trouver un objet/une activité/une sous-thématique à l’intérieur de ces grandes thématiques. Pour cela : huile de coude, papier/crayon, et un peu de méthode comme exposé dans l’article cité 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *